Page 2: L'attaque sur Wagnée

L'attaque :


Peu avant midi, 2 colonnes allemandes sortent de Biesme et descendent sur Wagnée.

12H00 le combat commence

La 39e brigade d'infanterie allemande (79e et 164e RI) doit attaquer à l'ouest de la route Biesme Oret et la 40e brigade (92e et 77e RI) doit attaquer à l'est de cette route.

Néanmoins, la 40e brigade n'arrive pas à prendre position sur le champ de bataille car l'artillerie française est particulièrement efficace et fait subir au 92e régiment allemand des pertes très sévères.

​Quant à la 39e brigade attaquant entre le ravin des Bruyères et la lisière du bois du Tournibus, les batteries françaises n'arrivent pas à les contre-battre aussi efficacement 

 

 

Sur cette carte allemande on distingue entre Prée et Mettet: le 164e RI à gauche, le 92e au centre et le 77e à droite 

Carte Allemande des positions du 79e RI . A: positions de tir. B: positions des combats. C: positions ennemies. Chatelet est une erreur sur la carte. 

L'attaque:

De façon très organisée, après un bombardement de préparation, les Allemands lancent cette première offensive : ils progressent par petits groupes appuyés par une batterie amenée en avant que les canons français n’arrivent pas à réduire et par plusieurs mitrailleuses. 
Leur stratégie est celle de la guerre moderne. Quelle évolution sur la technique de guerre depuis les deux semaines de bataille!  Une expérience du feu qui va manquer aux Français.

Le choc se fait à l’ouest de la route de Biesme par les 164e ett d'infanterie. Les positions des zouaves et des tirailleurs sont arrosées de balles et d’obus, mais les soldats dans les tranchées qu'ils ont sommairement aménagé, restent fixés sur leurs lignes de défense. Ils empêchent les Allemands de progresser par des tirs bien ajustés et des sections de mitrailleuses bien disposées.
Les Allemands tentent également des attaques entre Oret et Mettet, mais l’artillerie française est efficace et anéanti toute avance sur cette partie du front : la 40e brigade allemande doit reculer.

L’abbé Donis :

« Il y a bien eu 20 combats sur toute la ligne. Le dimanche, les Allemands étaient sérieusement tenus en échec. Les batteries françaises étaient bien cachées, leurs soldats d’ailleurs très braves et tenaient tête vaillamment. Des turcos furent même faits prisonniers à Biesme parce qu’ils ne crurent pas devoir fuir et se croyaient vainqueurs ! Les Allemands eurent beaucoup de victimes.

 

Charges à la Baïonnette :

Les attaques allemandes se succèdent et les Hanovriens se déploient et attaquent férocement. Les combats sont acharnés et en première ligne, la situation des soldats français devient critique.
A droite, entre le sommet des bruyères et la route de Wagnée, les Allemands arrivent en force, « baïonnette au canon ». Face à ce flot ennemi, le lieutenant Gillot décide d’entraîner sa 5e  compagnie (2e bataillon, 3e tirailleurs) dans un combat au corps à corps : sortant de leurs retranchements, les Algériens descendent la vallée et chargent l’ennemi. Les baïonnettes s’entrechoquent où transpercent les corps.  Français et Allemands fonçant l’un vers l’autre, certains s’embrochent mutuellement, leurs corps sans vie restant emmêlés, à moitié affalés

L’assaut est repoussé. Grièvement blessé, le lieutenant Gillot n’est pas abandonné par ses hommes qui le reconduisent sur leur position.

Amédée Barolle, caporal au 3 RTA, tué à Oret, matricule 12162. Il faisait partie de la 5e compagnie qui chargea à la baïonnette les Hanovriens. 

Cliquez sur l'image pour découvrir le diaporama de soldats algériens tués à Oret

Pièce émouvante: 

la cartouchière du soldat Amedée Bayole retrouvée sur le champs de bataille de Wagnée (collection particulière)

Cliquez sur l'image pour découvrir la fiche personnage d'Amédée Barolle

Baïonnettes française et allemande. La baïonnette était une arme chargée d'un symbole de courage ultime

"la balle est folle, la baionnette sait ce qu'elle fait": c'était un adage très à la mode en 1914

 

L’abbé Donis :

« Le bruit de la bataille était à ne pas s’en faire d’idée. Outre le canon, des mitrailleuses fonctionnaient, puis des fusillades. Il y avait aussi des charges à la baïonnette ».

 

Mr Berlier de Mettet :

« C’était un hurlement de mitraille épouvantable. On eût dit que tout le village était renversé (…) je vis les obus tomber sur la campagne et éclater avec fracas. Les batteries françaises tiraient du côté de Saint Donat dans la direction de Biesme (…) je grimpai sur le toit et scrutai le pays avec une longue vue. Alors je vis les Français qui étaient au bois d’Halloy, ils sortaient du bois, faisaient le coup de feu, puis rentraient. J’aperçus aussi les Allemands qui s’avançaient tenant devant eux des gerbes de paille. Vers 17H00, le combat s’anima d’avantage. De nouveaux renforts étaient arrivés aux Allemands : j’entendis les coups de fusil et les « tac-tac » des mitrailleuses. C’était à Wagnée que se déroulait le combat. J’entendais les hurlements gutturaux des prussiens, les freins des autos…

Pharmacie Berlier sur la place de Mettet. Actuellement café Paradis.

 

Le 6e tirailleurs défend Mettet :


Les Algériens du 6e tirailleurs qui défendant Mettet, sont sous les obus et doivent lutter contre l’assaut de colonnes Allemandes descendant de Scry
Le 23 août, devait être pour le 6e tirailleurs le jour du premier combat. Il est soumis pendant toute la journée au tir de l’artillerie lourde allemande et bien que n’ayant exécuté qu’une contre-attaque, ses pertes sont lourdes : 1 officier tué (sous-lieutenant Chancel), 3 officiers blessés, 18 hommes tués, 88 blessés, 12 disparus. 
Historique du 6e régiment de marche de tirailleurs 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6225816d/f12.image

Sous lieutenant Henri Chancel du 6e tirailleurs Algériens Henri Chancel fut tué à Mettet le 23 août 1914

 

Le récit de l’abbé Donis nous informe que le 23 au soir les allemands arrive au château de Scry : 

•    « Dimanche, les Français étaient au sud de Mettet et à Oret. »
•    « Les Allemands étaient à Scry à 5h00, ils restèrent là aux portes du village ».
•    « Château de Scry, dimanche soir : A l’approche des Prussiens, les pauvres blessés français de l’ambulance étaient pris d’un affolement incroyable. Bientôt retentirent les hurlements bestiaux. Voici les Allemands ! Ils descendaient en dessous du château en se faufilant ». 
•    « Lundi matin, les Allemands entrèrent dans Mettet ».

Dimanche soir, le premier contact bien mal engagé aurait pu finir en drame. Au château, les envahisseurs s’apprêtant à commettre des atrocités : ils menacent sérieusement les civils d’être fusillés, emmènent une jeune fille « plus morte que vivante » (sic) . Heureusement, quelques obus font fuir ces soldats déchainés.

 

Vers 14H30, les Allemands attaquent conjointement toute la ligne de défense française de Hanzinelle à St-Gérard :

La situation du colonel Taupin devient délicate : il signale le manque de cartouches et demande instamment des renforts qu’il ne voit toujours pas venir.

Si l’état-major de la 37e division du général Comby qui se trouve à St Donat est informé à 13H00 de l’arrivée des colonnes allemandes sur le front de Wagnée, on peut se poser des questions sur la transmission des informations. 
En effet, le poste de commandement du 10e corps se trouve aux quatre-bras de Stave pas très loin du front ni du PC de la 37e division, et son journal de marche indique qu’il est informé de l’arrivée des 2 colonnes à 16H00, soit quatre heures plus tard ! 
Il faut dire que la zone où se trouve le QG est violement canonnée par les allemands puisque l’E-M doit reculer son poste de commandement d’un kilomètre suite au bombardement systématique des Allemands. Ce repli du Q-G a-t-il empêché la bonne transmission des informations ? Mystère ! Néanmoins, les informations capitales devant circuler dans les différents E-M (brigade, division, corps d’armée) traînent largement.

Journal de marche du 10e corps 23 août :

«Un renseignement arrive à 16H00 au QG. On annonce la marche de 2 colonnes allemandes et des batteries d’artillerie descendant de Biesme sur Wagnée. Ordre est donné à la 20e div. d’appuyer la gauche de le 37e div. découverte par la retraite du 3e corps. La 20e div. se porte en avant : la 39e brigade se dirige à l’ouest d’Oret vers les Bruyères protégée sur le flanc par la 241e de réserve. Le 2e régiment d’infanterie marche sur les hauteurs, à l’est de Wagnée. Le 47e régiment se place à Corroy en réserve. L’artillerie divisionnaire appuie l’attaque, 2 groupes se placent au nord-est d’Oret »

 

Vers 16H00, le front ouest est ébranlé :


A l’ouest de Wagnée, les Allemands appuient leur attaque et aidés par leur batterie d’avant-poste et leurs mitrailleuses, ils progressent par des « cheminements favorables » et débordent les unités de la brigade. La ligne de front menace de s’écrouler 
Vers 17H00, les renforts demandés n’arrivant toujours pas, le Colonel Taupin fait monter en première ligne ses dernières troupes de réserve. 

A l’extrême ouest du front, les fantassins allemands ont réussi à s’établir dans le bois d’Oret et prennent  d’enfilade les positions des tirailleurs à la lisière du bois.

 

Journal de marche de la 74e brigade:

A 17H00 les deux compagnies de renfort sont déployées à l'ouest de la route dans le bois où combat notre compagnie d'extrême gauche. La lisière de ce bois était violemment battue de face par le feu de la batterie ennemie et d'une compagnie de mitrailleuse, tandis qu'à 600 mètres vers l'ouest, un détachement  ennemi d'infanterie qui avait débordé notre front prenait d'enfilade la lisière du bois occupé par les tirailleurs

 

Pendant ce temps dans le village d'Oret, c'est un va et vient incessant de soldats, des renforts montent au front, des blessés sont évacués au château des soeurs françaises.

 Récit du curé d’Oret Laloux :

« Le canon tonne sans relâche. Les troupes vont et viennent. Une ambulance a été établie par l’armée française chez les sœurs du château. Il y a 8 majors et une vingtaine de brancardiers, la plupart algériens. » 

Arrivée de la 20e division sur le front :

Entre temps c’est aussi vers 16H30-17H00 que la 20e division reçoit l’ordre de quitter son cantonnement près de la ferme de Bois-le-Couvert et de Corroy et d’attaquer à Wagnée afin de soutenir la 74e brigade et repousser le débordement de l’ennemi. Après les très durs combats de la veille, les soldats doivent de nouveau repartir au front. 
Le contact entre la 74e brigade et la 20e division se fait vers 18H00 : une compagnie du 2eRI atteint le bois d’Oret où se défendent désespérément les tirailleurs. Forts de ce renfort, les soldats repartent vers l’avant jusqu’à lisière du bois qui est toujours pilonnée par les batteries allemandes. Arrivé à la lisière, le 2e RI établit une position de défense. 

 

Position du 2e régiment d'infanterie le 23 août. 10H00 en bleu. 17H00 en rouge

 

En vert: le 24 août à 7H00 juste avant l'évacuation

Eugène Perez, le Colonel commandant du 2e RI tué le 06/09/1914 lors de la Bataille de la Marne
A Lambloi, chef du 2e bataillon au 2e RI tué le 17/12/1914 à St-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suivons le 136e régiment d’infanterie lors de son déploiement sur le front ! 
Fin d’après-midi, le 136e RI se déploie dans les campagnes des Croisettes et descend le ravin du Chy-Saux. Le régiment avance en position triangulaire : 3e bataillon en avant, 1er en arrière gauche, 2e en arrière droit. Le 25e RI, échelonné, se tient en réserve à l’arrière gauche.
Le 136e continue sa marche sans encombre et arrive par le dessus des campagnes d’Oret, au sommet de la crête sud des Bruyères. Il est 16H30, le régiment traverse le ravin. Un problème se pose cependant : la difficulté de se déployer vu l’étroitesse du front.

136e RI Journal de marche, 23 août :

« Le 1er bataillon a pu franchir 2 crêtes successives situées entre Oret et la ferme des Bruyères et entre un petit bois situé au nord de la seconde crête et dans le fond d’un ravin, sans avoir eu un seul blessé. Malheureusement malgré les ordres donnés par le commandant du bataillon, l’espace très restreint dont disposent les compagnies a poussé celles de gauche à entrer dans les bois, il en résulte un certain mélange rendant difficile le commandement des unités.» 

Continuant sa marche, le 136e arrive sur le sommet nord des Bruyères. Sur cette position, les événements se compliquent. Vers 17H45, le régiment déplore une cinquantaine d’hommes mis hors de combat par l’artillerie française qui pilonne ses positions. La malchance s’acharne : des soldats du 241e RI de réserve qui occupent le bois du Fays, tirent maladroitement dans toutes les directions et atteignent les hommes de première ligne du 136e. 
Le 136e enfin au sommet, entre le bois de la Gatte à gauche et le bois du moulin d’Oret à droite, fait une heureuse rencontre: une section de mitrailleuse du 7e tirailleurs algériens, commandée par un lieutenant extrêmement dynamique, se trouve à l’orée du bois de la Gatte et prend d’enfilade la centaine de mètres de terrain entre les 2 bois.

Officiers du 136e RI : le lieutenant Minot, le colonel de Cardoudal et le commandant Humbert Lieutenant Baulier tué aux Bruyères, au même moment que le Capitaine Peslin

 

Plan des troupes le 23 août 1914. Georges Gay, la bataille de Charleroi

Récit de Berlier de Mettet concernant la fin de la de la journée du 23 et sur le 24 au matin :

«Puis comme le soir tombait, un cri sortit du bois « Vive la France », et ce fut le silence. Seules les mitrailleuses allemandes continuaient leur musique infernale.
Je commençais alors à voir des incendies sur Biesme et dans les champs. J’entendis les appels sinistres des blessés et des mourants abandonnés sur le champ de bataille.
Le lendemain, au point du jour, nouvelle canonnade, c’étaient les Allemands qui arrosaient le terrain.
Bientôt je vis arriver les Allemands, c’étaient tous des hommes de haute taille s’avançant en très bon ordre, marchant très vite et ils ne s’arrêtèrent pas. Par tous les petits chemins, ils se dirigeaient vers les combats de la veille. Bientôt la cavalerie passa au trot, se dirigeant sur Florennes, puis ce furent des canons, caissons, batteries de cuisine, parfois sur deux rangs, parfois un arrêt. Alors, les soldats sautaient des chevaux, entraient dans les maisons, mais ils visaient surtout les pâtisseries et les magasins. Ils en sortaient avec pains, liqueurs et en faisaient part avec leurs camarades. Au coup de sifflet ils sautaient sur leurs chevaux. Le passage de ce convoi dura plusieurs heures ». 

L’effondrement de la position de Wagnée et le repli sur les Bruyères :


Vers 19H00, profitant de la tombée de la nuit et de la fatigue des défenseurs, les Allemands lancent une dernière offensive particulièrement intense sur l’aile gauche, afin de défoncer la défense française !
L’attaque est puissante. Pénétrant dans le bois, les Allemands obligent les défenseurs à reculer : les soldats et la section de mitrailleuse du 7e tirailleurs doivent évacuer dans le bois. Les hommes de toutes unités se replient jusqu’à la ferme des Bruyères. 
Le colonel Taupin qui est sur le front ordonne de reporter à la lisière d’Oret la défense de la position ouest du secteur, de façon à souder ses troupes avec celles de la 20e division: Les zouaves et tirailleurs doivent décrocher de Wagnée jusqu’au hameau des Bruyères. 
La compagnie du 2e RI suit le mouvement. Les autres factions du 2e RI ne peuvent intervenir, car l’artillerie allemande empêche toute manœuvre vers le sommet des Bruyères.

Avec l’obscurité, il devient difficile d’identifier les combattants :

136e RI Journal de marche :

« Le jour commence à baisser. Apercevant des coiffes kaki à la lisière du bois, le capitaine Boniteau Commandant le 1e bataillon fait ouvrir le feu, mais aussitôt, en français, des cris se font entendre : « Ne tirez pas ce sont les zouaves ! » Le commandant du bataillon fait immédiatement cesser le feu et les Allemands en profitent aussitôt pour  monter en groupes compacts ». 

La ligne de défense recule, les combats ne sont plus coordonnés, certaines unités cédant à la panique tirent à tout va :
La 1ere ligne du 136e se porte à l’assaut du bois ennemi, baïonnette au canon. Si jusqu’à présent ses pertes avaient été insignifiantes, lors de cette opération, une fusillade très violente éclate et un grand nombre d’hommes sont fauchés. Le commandant du bataillon découvre que la fusillade vient de l’arrière ce sont des tirs français. La situation est critique, car il n’y a aucun abri. 

136e RI Journal de marche :

« Le feu violent qui a atteint par l’arrière les soldats du 1e bataillon du 136e pendant qu’ils chargeaient les Allemands à la baïonnette a occasionné des pertes cruelles, en particulier le capitaine Peslin, l’adjudant Lorin, le lieutenant Baulier. Cependant, quelques hommes ont réussi à aborder les Allemands, en attestent les baïonnettes du caporal Blaise et du caporal Dorival qui est blessé au bras à ce moment ainsi que le lieutenant du 7e tirailleurs commandant la section de mitrailleuse.
Malgré le feu arrivant par derrière, la charge à la baïonnette est poussée à 2 reprises. Mais le feu des troupes françaises continuant à nous atteindre dans le dos, les fractions de ces bataillons commencent à se débander. Néanmoins l’occasion se présentait belle : les Allemands, criant grâce devant l’attaque et se défendant à peine » 

Capitaine Charles Peslin du 136e RI

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Chaory Jh-Marie, sergent au 136e tué à Oret le 23 août  

 

 

Récit d'un soldat allemand du 77e régiment d'infanterie :

http://www.luftfahrtarchiv-koeln.de/fliegerstation_dittmann.htm

Werner Heinrich Oskar Dittmann est né 22/07/1896 à Koszalin / Poméranie. Le 1er Avril 1914, il  rejoint comme volontaire le 2e Régiment d'Infanterie de Hanovre Nr 77 ein. 
Jusqu'à sa formation de pilote d’avion, le 11 Juin 1916, il a été impliqué dans divers combats  en Belgique, en France et en Pologne. Il a survécu aux deux guerres et mourut en 1975 à Bonn. Lors de la journée du 23 aout, il se trouve devant les défenseurs de Oret/Wagnée, voici son récit:

23 août 1914 : Nous commençons très tôt une nouvelle marche. Attaque et poursuite avec l’ennemi.
Dans la soirée, nous lançons une attaque dans l'obscurité, devant nous et à notre droite
Au cri de guerre « Hourra » Nous allons de l'avant, mais il s’ensuit un feu de Shrapnel.
Devant nous nous entendons des appels, nous pensons que ce sont des nôtres, mais soudain un feu de mousqueterie s’abat avec rage sur nous. Je m’enfonce la tête entre un tas de paille et je pense que ma dernière heure est arrivée.
Lorsque nous n’entendons plus de coups de feu, Lentement nous faisons marche arrière pour enfin nous endormir dans une tranchée.

 

 

A l’est du bois du Fays, le 3e corps subit aussi la pression de l’attaque :

Journal de marche de la 5e division 3e Corps :

« Vers 19H00, la cavalerie de corps signalait une tentative de l’ennemi ayant pour but de déborder la droite de la 5e DI par les bois à l’est d’Hanzinelle »

 

Néanmoins, les Allemands ne poussent pas l’attaque sur Hanzinelle : le village a été établi défensivement : 

Journal de marche du 36e RI : 

« 23 août, le régiment reçoit l’ordre d’organiser défensivement le village d’Hanzinelle, de créneler les maisons et s’y enfermer pour résister coûte que coûte. L’artillerie allemande bombarde le village toute la journée, sans résultat autre que 12 tués et blessés. Le régiment passe encore à Hanzinelle la nuit du 23 au 24 ».
Les Allemands ne se risquent pas à un combat de rue « en masse » ni à Hanzinelle, ni à Mettet : c’est essentiellement sur Wagnée et le bois du Fays, zone géographiquement plus favorable, que se porte l’attaque. 
Les combats de rue se montrent particulièrement meurtriers pour l’attaquant. Les Français l’ont constaté le 21 et le 22 au sud de la Sambre. Quant aux Allemands c’est le lendemain à Ermeton-sur-Biert qu’ils vont à leur grande surprise y rencontrer les soldats belges retranchés dans les maisons, leur faisant subir de lourdes pertes.   

Hanzinne incendié en août 1914

Plan des troupes du 3e corps le 23 août 1914. Georges Gay, la bataille de Charleroi

Photos des maisons incendiées dans la zone du 3e corps

Cliquez pour découvrir le diaporama

Document inédit: très belle photo d'un chasseur d'Afrique lors de la campagne de Belgique en 1914

Sur la carte ci-dessus nous remarquons que ceux-ci étaient stationnés à la Gare d'Oret le 23 août 1914

Vers 20H00, la nuit tombe très rapidement et des fantassins français du 241e RI décident de charger à la baïonnette les soldats qu’ils ont vus se dérober dans les bois. Il s’agit toujours du 1er bataillon du 136e. Heureusement, le chef de ces derniers, réussit à faire arrêter les assaillants en criant « France !!!».
Le 136e fort éprouvé évacue vers l’arrière. Cependant, une section de la 5e compagnie commandée par le sous-lieutenant Thiebault, engagée dans le combat et qui a chargé à la baïonnette sur la corne sud du bois des Bruyères, reste toute la nuit sur la position.
Des éléments du 2e et du 25e RI passent aussi la nuit sur les positions avec les zouaves et les tirailleurs de la 74e brigade et n’évacuent que le lendemain matin. 

Si la droite et le centre du front ont reculés de Wagnée aux Bruyères, dans les Campagnes de Mettet, il se maintient malgré que les Allemands y poussent également plusieurs assauts.  
Vers 17H30, le 2e et le 47e RI renforcent la position. Sur cette partie du front, il est fait mention d’un stratagème peu astucieux des Allemands. Pour des raisons probablement plus psychologiques que tactiques, les fantassins allemands essaient d’avancer en poussant devant eux des gerbes de blés. Evidemment, la ruse est grossière et ils sont repoussés à coups de fusils. 
Historique du 2e régiment de zouave et témoignage de Berlier de Mettet
    
Selon le récit de l’abbé Lemaire chapelain de Pontaury, cette partie du front subit quatre assauts :

« Les obus tirés par les batteries françaises d’une position choisie (St Donat) et vainement assaillie quatre fois, aux dires d’un officier allemand, tombaient parallèlement au village, dans les bois et la plaine où se trouvaient les batteries allemandes. Ce n’est que le lendemain matin (lundi) que Mettet fut pris. Les troupes françaises s’étant retirées la nuit après avoir tenu en échec l’ennemi toute la journée du 23 »

 

 

Le rôle de l'aviation allemande : cliquez pour découvrir l'article


 

Arrivée de nouveaux renforts : 


Les deux bataillons du 3e zouaves enfin retrouvés et rappelés de l’arrière ainsi qu’un bataillon du 2e tirailleurs, envoyés en renfort par la 73e brigade rejoignent le Colonel Taupin et se disposent aux avant-postes à la lisière nord d’Oret. 
Ils s’établissent face aux Allemands, sur la crête sud du ravin des Bruyères ainsi qu’à la lisière du bois d’Oret.
La nuit est mise à profit pour creuser des tranchées.

Journal de marche du 2e régiment de tirailleurs algériens :

« Le 1er bataillon profite d’une accalmie pour traverser le village à l’extrémité duquel se replient des unités du 10e corps (47e RI). La nuit est complète, les sorties ouest et nord-ouest sont encombrées : pour éviter le bombardement dans le village, le 1er bataillon s’établit à la sortie N-E et passe la nuit en ce point après avoir été vivement pris à partie par l’infanterie française qui s’était repliée au sud-est d’Oret village. Pendant la nuit, le chef de bataillon Le Laine prend contact avec le colonel de la 74e brigade qui lui prescrit de tenir le lendemain le terrain à l’est d’Oret. Aucune perte. »

 

L’artillerie française :


Contrairement au 1er corps qui se trouve vers St Gérard, le 10e corps mettra toutes ses batteries en actions ce qui aura pour conséquence de faire tomber un déluge de feu sur les 4 régiments qui fondent du sud de Biesme vers Oret. Grâce à l'action efficace de l'artillerie française, les Allemands n'arrivent pas à faire tomber les lignes de défenses.

L’artillerie divisionnaire de la 37e division (AD37) occupe depuis le matin, le mouvement de terrain à l’ouest de Somtet (St Donat). 
L’artillerie de Corps (50e RAC) se positionne au sud de Mettet et au nord de Biesmerée. 
Dans l’après-midi, suite aux offensives allemandes, le 10e RAC (l’artillerie de la 20e division) vient renforcer l’AD37 

Artillerie française à Fosses-la-Ville

Selon les journaux de marche, l’ennemi semble posséder 2 batteries de 105 et 4 batteries de 77mm. 

Journal de marche du 10e RAC 7e batterie :

Tir à obus explosifs sur des rassemblements au sud de Biesme pour préparer l'attaque de l'infanterie. Tir sur une batterie ennemie

La canonnade ennemie commence à 9H00 pour atteindre son maximum d’intensité vers 12H00. Les batteries allemandes et françaises tirent par intermittence. Le feu des batteries perd de son intensité vers 16H00. De 16H00 à 19H00, le premier groupe de l’AD37 effectue un feu très efficace sur une batterie allemande, puis sur plusieurs lignes d’infanterie qui essaient de s’infiltrer. Vers 18H30, les avant-trains commencent à emmener des pièces pour se cantonner quelques kilomètres en arrière. 

L’artillerie de la 20e division : le 10e RAC, veille depuis la nuit (22-23), en position d’attente auprès des quatre régiments d’infanterie près de Corroy. Le matin, un avion ennemi repère cet important rassemblement de troupes. c’est pourquoi elles changent leurs positions et se dirigent plus en arrières vers Florennes. 
Dans l’après-midi, l’ordre est donné à l’artillerie de soutenir la 74e brigade, en difficulté sur Wagnée. Les batteries repartent vers le nord pour se diriger vers le champ de bataille et prennent position aux alentours de l’artillerie d’Afrique (AD37) qui canonne depuis le matin. 

Le commandement de la 37e Division s’étonne que les ordres concernant l’artillerie soient mal interprétés et ne reçoivent pas exécution car, aucune batterie ne pilonne le nord d’Oret. Pourquoi ?

Le journal de marche de la 6e batterie du 10e RAC nous éclaire à ce sujet : 

« Nous recevons à 2 reprises l’ordre du Lieutenant-Colonel de tirer sur le ravin et le bois des Bruyères, mais le capitaine étant certain que les Français ont progressé jusqu’à ces positions fait un tir long dans la direction de Wagnée.
D’autres batteries ont tiré sur notre infanterie faute d’avoir interprété les ordres reçus. Il en résulte une panique de nos fantassins et des tirailleurs algériens, panique qui s’accentue, car les soldats nous voient la nuit quitter nos positions pour se replier sur Florennes ».

Même méprise concernant la 9e batterie du 10e RAC :

« A 16H00, la 9e batterie reçoit l’ordre de tirer sur des troupes en mouvement au N-O d’Oret. La batterie s’apprête à ouvrir le feu quand arrive un contrordre : une patrouille du 13e hussards vient de signaler que les troupes se forment à droite du 3e corps (sur Hanzinne/Tarcienne)
A 16H15, nous recevons l’ordre de passer à l’offensive.
Le 9e se porte à l’est du village d’Oret (les batteries avancent vers les campagnes de Mettet-Oret) : mission de battre les abords du village de Biesme et interdire l’accès de la route de Biesme à Wagnée
Le groupe ouvre le feu à 17H20. La 9e règle ses tirs sur le carrefour Biesme-Wagnée et Biesme-Sart Eustache À 17H45, elle tire sur la troupe en marche vers le village de Wagnée ».

Le 50e RAC ou le régiment d’artillerie du 10e  corps est le 23 à la disposition de la 37e division au sud de Mettet. Ces batteries empêchent l’avance des troupes allemandes sur Mettet.
Les batteries du 50e RAC se trouvent entre le sud de Mettet et le nord de Biesmerée (Fraire la Croteuse), soit à la droite de l’artillerie divisionnaire de la 37e division et exécutent des tirs à 5000 mètres au nord-nord/est de Mettet contre l’artillerie et l’infanterie allemandes qui manifestent leur présence. De là, les batteries sont très bien positionnées pour bombarder la route de Fosses-Mettet. Elles se livrent à un duel d’artillerie jusque 16H00 où à ce moment elles pilonnent l’infanterie située au nord de Mettet.
Ces batteries embusquées derrière le 6e RTA protègent donc la droite ou l’est du front, là où se trouvent la 73e brigade et plus en arrière la 19e division. 
Le soir, le 50 RAC bivouaque à l’ouest de la route Oret/Stave.

Curé de Biesmerée :

« Le dimanche 23 août, les Français avaient des batteries d’artillerie sur les hauteurs confinant à Biesmerée et au lieu-dit la Plate Pierre. Ils tiraient du côté de Devant-les-Bois et Bossière »

 

A 20H00, les combats s’étant calmés à la faveur de l’obscurité, le colonel Taupin quitte le front et recule son poste de commandement à Oret :


Profitant de cette obscurité, les unités les plus éprouvées reculent jusqu’au sud d’Oret tandis que dans les bois, on se bat jusque 22H00. Il y aura même plusieurs attaques de nuit, au nord-est d’Oret et même vers Stave !
Les soldats passent la nuit sur leurs positions, cachés à la lisière d’un bois, d’un taillis, aux pieds d’une haie parfois toute proche de la position ennemie.
Dans ces conditions, il est impossible de faire circuler les ordres pendant la nuit : ce ne sera qu’au lever du jour que les ordres pour la journée arriveront aux fractions de 1ere ligne. Parmi ceux–ci, l’ordre plus important : celui de repli général !

Les unités de la 73e brigade, cantonnent pour la nuit au sud de Mettet.
Le Q-G du 10e corps se positionne à la ferme des Pavillons, celui de la 19e division à Biesmerée, celui de la 20e à Corroy, celui de la 37e division et de la 73e brigade à St Donat.
Le Général Lanrezac commandant la Ve armée a son poste de commandement à Philippeville.

Photo ferme des Pavillons

Pendant la nuit, le front de l’ennemi se jalonne sinistrement par l’horizon qui flamboie.  
Devant ce spectacle désolant, un soldat du 2e régiment des zouaves écrit :

« Étendus sur le sol, nous pensions avec amertume en cette nuit funèbre, aux pauvres gens qui nous acclamaient comme des libérateurs et dont les fermes brûlent maintenant ».

 

A droite du 10e corps, la journée fut aussi très éprouvante :


La 1ere division du 1er corps du général Franchet d’Esperey est en position défensive au nord de St Gérard faisant face à la 1ere division de la Garde impériale du Kaiser. 
Ces unités s’établissent dans les plaines entre St Gérard et Sart St Laurent. Les fermes de Libenne, d’Hérende et des Volées deviennent des places fortifiées pour les soldats français. 

Le 23 au matin, l’attaque des Allemands est puissante : Aidé par l’aviation, ils déploient un feu d’artillerie efficace et redoutable suivie d’assaut d’infanterie. Sous un déluge d’obus, les Français dès 15H00, doivent reculer. 
Sur une partie du front, les obus tombent avec une telle précision sur les tranchées que les nerfs des soldats craquent et c’est la débandade. 
Les unités du 1er corps doivent replient le soir jusque Furnaux, Ermeton, Denée, Flavion.

 

Recul de la 19e division (10e corps) suite à l'effondrement de St Gérard


Vers 21H00, la 19e division qui voit son aile droite à découvert par le replis du 1er corps doit se replier de Furnaux et va cantonner entre Biesmerée et Stave (journal de marche de la 19e Div)

La nuit est loin d'être calme. 

Journal de marche du 48e RI :

« 23H30 :  La fusillade crépite à peu de distance »



Soldat Allemand Kunkel, Wilhelm Conrad  23.05.1893 †24.08.1914. tué lors les combats à Florennes par un éclat d'obus dans la poitrine. 

4e Grenadier de la Garde (Augusta) 1. compagnie. Age: 21 ans Profession: polisseur, Etat civil: Célibataire habitant à Nied.

Des unités allemandes du corps d'armée de la Garde venant de l’est et infiltrées entre les lignes se livrent à des combats de nuit jusqu'en bordure du village de Stave. Celles-ci sèment la panique et obligent le 41e RI français à évacuer vers le sud

La 73e brigade (2e zouaves et 2e RTA)  doit aussi se replier vers l'ouest et va se cantonner au sud de Mettet. Ses avant-postes sont égallement attaqués durant la nuit. 

journal de marche de la 38e brigade:

Les événements de la nuit prouvent d'ailleurs qu'il était grand temps de dégager la division de la position précaire qu'elle occupait.
A 0H00, une compagnie allemande sans doute partie de Graux*, se glissa jusque Furnaux, y surprend une compagnie française qui allait y couvrir le gros de l'arrière-garde, fusille également le gros où il provoque une panique.
de son côté, le gros de la brigade essuie quelques coups de feu au défilé S-O de Furnaux et gagne vers 23H30 le bivouac de Biesmerée...

*: Les grenadiers de la Garde se trouvaient en effet à Graux

Ci-contre: plaque fixée sur le cercueil du grenadier allemand Kunkel Wilhelm trouvée dans le cimetière militaire de Wagnée.

Il est clair que si ce soldat fut tué à Florennes alors que sa division se battait à Ermeton le 24, c'est qu'il faisait partie des assaillants qui ont harcelé la droite du 10e corps vers Stave.  

Extrait de l'historique du 1er régiment alleman de la garde à pied (zu Fuss) concernant la nuit agitée du 23 août

Pendant la nuit notre sommeil est perturbé par des vives fusillades. 
L’historique du régiment rapporte que le Lieutenant von Lyncker gagna la croix de fer de 2e classe en allant à la tête d’une patrouille audacieuse en reconnaissance sur une longue distance jusqu’aux avant-postes français.

 

 

Conclusion de cette journée du 23 :

Lors de cette journée, l’initiative de l’attaque est aux Allemands. Néanmoins si les Allemands lancent de nombreuses offensives successives et boutent au corps à corps les Français hors de Wagnée, ils n’arrivent pas à faire céder la ligne de défense : celle-ci recule jusqu’aux Bruyères, mais ne cède pas. 

Si cette journée fut très éprouvante dans le camp des Français, l’artillerie de corps et de division est bien positionnée et contrebat de façon éfficace les Allemands qui essuient des pertes sévères.
Fin d’après-midi, l’intervention de la 20e division rencontre pas mal de déboires aux conséquences dramatiques. En effet, les nombreux régiments opérant sur un front très étroit agissent de leur propre initiative et créent une situation incontrolable. Il en résulte que dans l’obscurité, le 136e RI est victime de tirs d’artillerie et d’infanterie françaises 

Face à un système de commandement très lent et peu performant, malgré la perte de nombreux officiers, dont le chef de bataillon Bigotte,  le Colonel Taupin dû gérer le combat en première ligne et tenir sa position sans aucune aide de 9H00 à presque 18H00. Un comble : le haut commandement ignore la position des avant-postes et fait pilonner par l’artillerie ses propres positions.

Sur la droite du 10e corps, le 23 au soir, après l’effondrement de St Gérard, la 19e division devra reculer sur Biesmerée-Stave.
Dans cette zone, les Français n’ont plus la maîtrise de la route Fraire-Annevoie.

Le 09 octobre 1914, journal de marche de la 74e brigade, cité à l'Ordre de l'Armée: le chef de 4e bataillon du 3e Tir algériens Adrien Bigotte, tué le 23 août à Oret. 

Journal de Marche du 10e corps

« Des attaques de nuits ont lieu sur plusieurs points du front, notamment à Stave contre le 41e RI qui est obligé d’évacuer le village. »

Face à la 2e armée allemande au nord et à la 3e armée allemande qui commence son mouvement offensif à l’est, la position est intenable. L’histoire retient qu’afin d’éviter l’encerclement, le Général Lanrezac ordonne la retraite de la 5e armée. Celle-ci  doit se replier sur la ligne Merbes le Château/ Philippeville/ Givet à partir de 3H00. L’ordre est envoyé à 21H30, sans en avertir le GQG. 
Si Lanrezac sauve son armée, il sera limogé le 3 septembre 1914 et remplacé par Franchet d'Esperey.

La chance sourit aux français, lors de ce repli. Le général von Hausen qui n’a aucune idée des forces qui sont devant lui, refuse de faire avancer toutes ses troupes comme veut le lui imposer le général de la IIe armée von Bullow. 

"SOUVENIRS DE LA CAMPAGNE DE LA MARNE EN 1914"
Par le Général, Baron, von Hausen : 

« Le Q. G de la 3e Armée se porta à Gérin ; là, on reçut avis du Q. G de la 2e armée que la 2e armée avait atteint Florennes, qu’elle se proposait de poursuivre sa marche en avant le 25 août dans une direction plus au sud-ouest, et, qu’après prise de possession de Namur, le Xe Corps serait mis en marche sur Philippeville. Cette avance de la 2e armée me prouva combien nous avions sagement agi, aussitôt qu’un aviateur eut repéré le mouvement général de retraite des Français, en renonçant dès 9 H45 du matin à marcher dans la direction indiquée par la 2e armée, c’est-à-dire de l’est à l’ouest.
Si nous n’avions pas opéré ainsi, les mouvements des ailes des 2e et 3e armées qui se touchaient eussent occasionné des frictions très gênantes, par suite des rencontres et des croisements de colonnes et causé des pertes de temps plus considérables encore que celles provoquées par les réclamations du Q. G. A2. »

Il est clair aujourd’hui que cette inaction du Général von Hausen, qui ne fait pas entrer toutes ses unités sur le champ de bataille a sauvé la 5e armée française. Autre erreur, l’E-M allemand se méprend sur l’état des troupes françaises. Ces dernières réussiront à contre-attaquer quelques jours plus tard, lors de la bataille de Guise et le 05 septembre, lors de la contre-offensive générale de la Marne.

http://www.mettet14-18.be/videos/combats-daout-1914-la-bataille-la-marne

Médaille du Maroc d'un tirailleur algérien

Obus français de 75 mm

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