Page 1: Mise en place des troupes dans la nuit du 22 au 23

 

 

Le pharmacien Joseph Berlier de Mettet devant le passage des troupes de la Garde le 24 août 1914 :

« Il passait encore des troupes, c’était quelque chose de colossal !
Aussi loin que l’on pouvait voir, ce n’étaient que des piques des casques à pointe 
et des baïonnettes au canon des fusils. 
Les soldats marchaient dans un ordre admirable en chantant « la garde du Rhin ».
Cela représentait quelque chose de terriblement impressionnant et je me disais : 
« Quelle force pourrait jamais arrêter une armée pareille ? »

 
 
Cliquez sur l'image pour entendre le chant de la Garde du Rhin

 

Le soir du 22 août, les prémices des combats dans notre entité de Mettet : Le repli sur des positions désorganisées 


De toute l’histoire militaire française, la journée du 22 août est marquée comme la plus meurtrière. Les historiens estiment que 27.000 soldats français ont été tués lors de la bataille dite des frontières.
 
C’est pendant la nuit de cette journée sanglante du 22 août, que faisant suite à l’échec de leurs offensives au sud de la Sambre, les divisions françaises du 10e corps, particulièrement  fragilisés à ce moment, retraitent vers le sud. Ces régiments éprouvés par leurs pertes importantes ainsi que par la désorganisation générale, s’entremêlent dans un désordre indescriptible de Devant-les-bois jusqu’à Saint-Gérard. 
Heureusement pour ceux-ci, les Allemands ont également été très éprouvés et ne parviennent pas à les poursuivre : Ainsi l’historique du 92e régiment d’infanterie de Brunswick retiendra que leurs pertes lors du 21 et 22 août seront aussi importantes que lors de toute la guerre franco-prussienne de 1870.

Les journaux de marche retiendront de façon très théorique que la 19e division cantonne au sud de Vitrival, à Bambois et à Saint Gérard. La 20e division cantonne quelques heures pendant la nuit entre Noéchamps et Biesme et la 37e division est établie de Pontaury, Mettet, jusqu’au nord de St Gérard. 

La réorganisation française est rapide : Le général Defforges commandant le 10e corps,  décide d’abandonner à l’ennemi, la région boisée de Devant-Les-Bois/ Planson, peu propice à gérer le combat dans ces conditions afin de se replier sur la position Wagnée/ sud de Mettet/Graux. Non seulement les vues très étendues peuvent permettre à l’artillerie d’être efficace, mais la route Fraire-Rouillon est une position stratégique: rester maître de cette importante chaussée couvrant l’arrière du front est un avantage important. 
Le poste de commandement du général Defforges se trouve à Mettet jusque minuit, puis au carrefour de Stave.

Après son échec et ses lourdes pertes lors des jours précédents, le 10e corps doit adopter une attitude défensive. Les 19e et la 20e Divisions très éprouvées doivent se reformer derrière la 37e division qui est chargée de tenir la ligne de défense. 
Concernant la position stratégique d’Oret, il faut faire une constatation : 
Oret est un des verrous de Florennes puis Philippeville. Ces deux villes sont des points d’appuis très importants de l’armée française : Si Florennes est un nœud ferroviaire des plus importants*, Philippeville est la porte de replis vers la France.Le 3e corps positionné à Hanzinne et Hanzinelle, doit également subir les coups de butoirs des Allemands qui cherchent à se diriger vers Florennes par Morialmé.

* : En train des blessés sont transportés du front à Florennes où se trouve un poste chirurgical avant d’être rapatriés en arrière également par le chemin de fer. 

 

Août 1914. Poste chirurgical dans le château de Florennes Gare de Philippeville

 

Le Dimanche 23 août, le 10e corps établi ses lignes de défenses d’est en ouest sur l’entité de Mettet, sauf St Gérard et ses hameaux qu’il avait quitté vers 4h00 du matin.

Le 10e Corps français fait face au Xe corps hanovrien allemand et à la 2e division de la Garde impériale. Ces unités allemandes ont passé la Sambre en contournant par le sud-ouest, Namur et ses forts.

 

Le 10e corps français est composé des 19e, 20e et 37e divisions :

•    La 19e division du général Bonnier composée des 48e et 71e RI (37e brigade) ainsi que les 41e et 70e RI (38e brigade). Ajoutons le 3e escadron du 13e hussard et un régiment d’artillerie : le 7e RAC 

•    La 20e division du général Boë  compte 4 régiments : les 25e et 136e RI (39e brigade) ainsi que les 2e et 47e RI (40e brigade). Le 4e escadron de cavalerie du 13e Hussards et le 10e régiment d’artillerie de campagne

•    La 37e division du général Comby composée de bataillons, d’Oran et de Constantine, rassemblés à la hâte, forme la 73e et la 74e brigade, 3 groupes d’artillerie de campagne à pied d’Afrique et un escadron de cavalerie du 6e chasseurs d’Afrique. 

Photo inédite: groupe de chasseurs d'Afrique lors de la campagne de Belgique en 1914

  Il convient d’y adjoindre les autres éléments non- endivisionnés : les 241e et 270e RI de réserve, le 50e régiment d’artillerie de campagne, une compagnie de génie, un service de santé, des brancardiers, … 

Concernant les différents détachements de cavalerie, par ordre du 17 août, le 6e chasseurs d'Afrique et le 13e hussards sont réunis en une brigade provisoire, sous les ordre du colonel Delmas de Champvallier, commandant le 13e hussards. La brigade provisoire est chargée d'éclairer le 10e corps d'armée sur le front de Florennes/Walcourt (Journal de marche 6e chasseur d'Afrique). 

 

Les unités du 10e corps (cliquez)

 

Août 1914, le 48e régiment d'infanterie au repos à Fosses-la-Ville

Source G. Gay

Août 1914, artillerie française à Auvelais

Fonds Comité du Souvenir de Le Roux / D.Tilmant

 

Les algériens impressionnent beaucoup comme en témoigne ce récit :

Georges Veaux 41e RI parution dans l’Ouest-Eclair : En suivant nos soldats de l’ouest :

« 15 août, nous croisons le 5e régiment de tirailleurs algériens dont nous admirons les figures mâles et les nombreuses décorations. Ces troupes sont commandées par de vieux officiers coloniaux et sous-officiers bilieux, au teint bronzé. Les hommes sont sortis devant leur cantonnement, ils montrent le poing d’un air menaçant : avec eux les Allemands en verront de dures. Quelques-uns ont déjà hissé leur barda sur le dos : leur sac mesure au moins 80 cm de haut avec la toile de tente, les piquets, les effets de rechange, les nombreuses victuailles dont ils se sont chargés » 

Photo des soldats en couleur.

Cliquez sur l'image pour visionner le diaporama

Que représentent toutes ces unités ?
Un régiment d’infanterie comprend 3.300 hommes, un régiment de réserve 2.200. 
Concernant la seule 37e division, le journal de marche établi le nombre de 19.500 hommes et 4.500 chevaux et mulets. 
Le 10e corps, avec ses 3 divisons et ses éléments non-endivisionnés doivent donc compter plus de 60.000 hommes.
De ces chiffres, il faut décompter les pertes importantes des premiers combats.
A la 20e division, Le 25e RI s’est battu entre Aiseau et Roselies. Son journal de marche indique que le soir, 1470 hommes du régiment ne répondent pas à l’appel : éparpillés, blessés, tués.
Des compagnies du 136e RI, dans le triangle d’Aiseau / Falisolle / Le Roux, ont perdu la moitié de leurs effectifs et de nombreux officiers. Le général Boë commandant la division est lui-même grièvement blessé le 22 août 1914 sur les hauteurs du village de Le Roux et transporté à l’ambulance du collège des Jésuites à Florennes.
La 73e brigade de la division d’Afrique a aussi été très éprouvée ; le 2e régiment des zouaves a également souffert : le Colonel Trousselle est tué à Auvelais, 20 officiers et 689 hommes sont hors de combat.

•    Il convient d’y adjoindre les autres éléments non- endivisionnés : les 241e et 270e RI de réserve, le 50e régiment d’artillerie de campagne, une compagnie de génie, un service de santé, des brancardiers, … 

Zouaves, section de mitrailleuse Colonel Tousselle tué à Auvelais

 

Une belle histoire d’amour dans un champ de haine


Elle mérite d’être contée, l'histoire d’un jeune officier français de 24 ans, gravement blessés et d’une jeune biesmoise venue apporter des soins aux malheureux blessés.

Cliquez sur l'image pour découvrir l'article

En route sur la position Wagnée-Mettet-Graux : 


Pendant la nuit du 22 au 23, c’est l’encombrement extrême, et vu le désordre indescriptible, les unités de la 74e brigade qui s’étaient retrouvés bloquées à Fosses se trouvent à Devant-les-Bois. Elles se dirigent vers Mettet mais ne parviennent pas non plus à s’y établir car le village est complétement encombré. Les régiments n’arrivent pas à prendre contact avec le colonel de la brigade.  Est-il en réunion d’urgence au Q-G du 10e corps ? C’est le désordre, des milliers d’hommes sont sur les routes et il fait nuit : il règne à ce moment une grande confusion. 
Il y a à ce moment de gros problèmes de coordination des troupes. Dans la désorganisation, certains officiers décident de leur propre chef de se replier vers le sud. 
Sur l’entrefaite, le Colonel Taupin commandant la 74e brigade cherche vivement à localiser ses troupes qui se sont dispersées car il vient de recevoir pour ordre d’emmener  toutes ses unités pour défendre la position de Wagnée et le sud-ouest de Mettet.

 

On a perdu le 3e régiment de zouaves !

« A la suite de circonstances qu’il est impossible de définir », écrira un journal de marche, mais surtout face à un désordre généralisé qui ressemble à s’y méprendre à une déroute, le colonel du 3e zouaves et une partie de ses unités, soit 2 bataillons quittent le nord de Mettet et se retirent vers Vodecée où se trouvent ses trains. Le colonel Taupin, qui commande la brigade n’est absolument pas informé de cette manœuvre. L’historique de ce régiment cite cette phrase bien optimiste ; « Cette mesure avait pour but de soustraire le régiment à cette ambiance déprimante, de remettre de l’ordre dans les unités, de les faire reposer et de les ravitailler en vivres et en munitions »
Cette manœuvre ne sera certainement pas appréciée de tous, car l’historique du régiment du 3e zouaves prend aussi bien soin de préciser les compagnies qui étaient restées à Mettet et qui combattirent à Wagnée dès le matin du 23. Selon cet historique : 
« Les 17e, 19e, 43e compagnies, un peloton de la 42e et la section de mitrailleuse Jurion : elles se battaient désespérément en lisière du bois d’Oret à l’extrême gauche de la division et subissaient des pertes extrêmement lourdes sous les tirs précis d’une puissante artillerie et de nombreuses mitrailleuses. Là tombèrent glorieusement  les capitaines Lucas et Garnier. Tous les officiers étaient hors de combats ».

Mise à part les compagnies citées dans l’historique du régiment, les autres unités suivant leur colonel sont parties vers l’arrière et vont se perdre en marche puis en contremarche bien loin du front. Elles reçoivent enfin l’ordre faire demi-tour et de prendre la direction du combat. Vers 10H00, elles restent vers la ferme du bois le couvert en couverture du 10e d’artillerie. Là un officier de l’Etat-major leur donne l’ordre de prendre une position de défense devant Philippeville en vue d’accueillir les 19e et 20e divisions qui vont bientôt évacuer. Les unités repartent vers le sud et arrivent à Hemptinne lorsqu’elles reçoivent de nouveau, un ordre du Colonel Taupin pour se diriger une bonne fois pour toute vers le front. 
Vers 19H00 alors que les plus durs combats à Wagnée sont terminé, les troupes arrivent à la hauteur de « bois le Couvert » et commencent à bivouaquer. Les soldats sont enfin rappelés sur le front mais à 19H30.

Les 17e, 18e  et 19e compagnies du 3e tirailleurs et son colonel sont également on ne sait où ! Elles sont en replis vers Florennes.

Que s'est-il donc passé? Serait-il possible que les colonels du 3e zouaves et du 3e tirailleurs algériens se soient abandonnés à des querelles intestines vis–à-vis de leur supérieur ? Un pareil comportement pourrait paraitre d’une bassesse inadmissible quelques heures après que l’armée française venait de vivre sa journée la plus meurtrière de toute la guerre, néanmoins les faits sont troublants… N'oublions pas que Taupin n'était pas "général de brigade mais simple colonel...Les 2 officiers volages rechignaient-ils d'être commandés par un officier de même rang? mystère!

Se conformant à l’ordre général n° 37, le général Comby commandant la 37e division, précise la mission de ses unités qui doivent former la ligne défensive :

Pontaury 23 août à 0H30,
L’artillerie de corps s’établira entre Mettet et Graux, ses quatre groupes dans les positions reconnues par le commandant de l’artillerie.
Le 6e tirailleurs, renforcé par la compagnie du génie, se portera au sud de Mettet, vers Rabooz et fournira les aides nécessaires aux 2 groupes d’AC de gauche.
La 73e brigade d’infanterie se portera sur Graux où elle constituera le flanc droit (…).La 74e brigade tiendra Wagnée et fournira concurremment avec le 6e tirailleurs les soutiens nécessaires à l’artillerie divisionnaire du 37e chargée de battre l’espace entre Wagnée et Mettet.
Tout le front sera organisé défensivement autant que possible (…)

Le PC de la 37e division s’installe au carrefour des 2 chaussées à St Donat (aujourd’hui au Circuit)

 

En avant plan au centre, le Colonel Taupin, commandant la 74e brigade Tirailleurs algériens en 1914

Le colonel Taupin et sa 74e brigade quittent Mettet afin de prendre position au nord d’Oret. En l’absence du colonel du 3e tirailleurs, c’est le commandant Demaris qui dirige ce régiment.

Etant donné la situation désorganisée, la dispersion des unités et le retard dans la  transmission de l’ordre d’opération, les troupes n’occupent que successivement leurs positions. 

Un fois arrivés, les soldats en profitent  pour préparer leurs positions. Les tranchées sommaires se creusent. Leur emplacement est dissimulé de l’artillerie par des gerbes de blé. Ce ne sont pas les premières tranchées ; les combats de la veille ont vite fait comprendre aux soldats que pour survivre aux obus, ils doivent s’enterrer et ceux qui lors des longs jours de marche ont jeté leur pelle, regrettent amèrement leur geste. 

Le 23 août, disposition du 10e corps :


Comme on peut le voir sur la carte, Le 23 août, Le général Defforges dispose ses troupes de façon symétrique par rapport à Mettet 
C’est la 37e division qui assure la défense au nord de la route de Rouillon à hauteur de Wagnée à l’ouest, et à hauteur de Graux pour l’est. Le 6 tirailleurs défend le village Mettet. 
le 241e RI de réserve est déployé dans le bois du Fays et fait jonction avec le 3e corps

La 20e division du général Boë cantonne aux alentours de  Corroy et la  19e division du général Bonnier occupe l’est de l’entité de Mettet, entre Furnaux et Ermeton. 
Saint Gérard est défendu par le 1er Corps qui occupe quant à lui une ligne de défense face au nord-est. 

L’artillerie est en position au sud-ouest et au sud-est de Mettet.

C’est une position très habile : puisque la route de Rouillon, au centre du dispositif permet à chaque unité, de venir soutenir rapidement certaines parties du front qui se trouveraient en difficultés.  
Les 19e et 20e divisions peuvent sur leurs emplacements se réorganiser suite au choc de la veille, tout en étant prêt à intervenir en cas de besoin soit au nord en appui de la 37e division, soit pour protéger les ailes si le front viendrait à se rompre.  
Cette position stratégique fonctionnera et permettra à la 74e brigade de ne pas s’effondrer : en effet la 20e division et un bataillon de la 73e brigade viendront la soutenir. La ligne de défense reculera de Wagnée aux Bruyères mais ne s’effondra pas. 

 

A gauche du 10e corps se trouve le 3e corps qui tient le front Nalinnes/Tarciennes/ Hanzinne avec des détachements à Fromiée.
C’est le 4e régiment de tirailleurs tunisiens de Sousse, qui est à l’extrême droite et fait la connexion avec le 241e RI et le 3e régiment de tirailleurs, dans le bois du Fays. 

5e compagnie du 4e régiment tunisiens de tirailleurs

Le commandant Dupas du 4e RTT  en 1915.

Il combattit à Hanzinelle en 1914 à la tête de la 4e compagnie.

En plus de leurs missions d’estafettes, les cavaliers légers du 4e escadron du 13e hussards couvrent le flanc des corps afin de s’assurer que la liaison n’est pas rompue. Ces cavaliers sont postés à la gare d’Oret et bivouaqueront le soir à Morialmé.

A droite du 10e corps se trouve le 1er Corps du général Franchet d’Esperey sont objectif principal est de défendre le passage de la Meuse. Néanmoins le 22 et le 23, la 1ere et la 2e division viennent renforcer l’extrême droite du front français vers St-Gérard/ Sart-Saint-Laurent/ Floreffe face à la 2e armée allemande. Ils assurent la défense entre la 10e corps a gauche et la position fortifiée de Namur à droite. 

La 37e division d’Afrique est en position de défensive :

La 74e brigade est établie à Wagnée.
La 73e brigade est positionnée sur Graux-Mettet. Son 6e régiment de tirailleurs défendant Mettet.
Les 1e, 2e et 3e groupes d’artillerie divisionnaire, AD37 sont à l’ouest de Saint Donat. De là sur une position couverte, ils peuvent déployer leurs tirs sur les avant et arrière-postes allemands tout en empêchant leur infanterie d’envahir les vastes campagnes de la zone Biesme-Mettet-Oret.

 

Le Colonel Taupin, commandant de la 74e brigade va vivre la bataille de sa vie : sa dernière bataille. Sans l’aide des deux colonels commandant les 2 régiments qui se sont repliés loin du front avec des troupes qui seraient bien utiles, il doit seul organiser les opérations.
Il rend compte à son général de division qu’il tient la route de Biesme et ses croupes à hauteur de Wagnée : 
Comme il ne dispose que de 3 compagnies de zouaves et de la section de mitrailleuse Jurion, il l’établit pour la défense de la route Biesme-Oret.

Il fractionne un bataillon du 3e tirailleurs algériens de part et d’autre de la route défendue par les Zouaves.
Un bataillon est en soutien d’artillerie  au nord-est de Wagnée (3e bat. 7e RTA),
Le dernier  bataillon de tirailleurs est en réserve dans les bois à 500m est de Wagnée. Ces hommes creusent des tranchées à la lisière du bois d’Oret (2e bat.).

Il informe le général qu’il lui manque 2 bataillons de zouaves, 3 compagnies de tirailleurs et 2 colonels ! Soit près de 3 bataillons sur les 7 qui composent ses effectifs !!!

Le bataillon du 7e tirailleurs disposé au nord-ouest de Somtet pour protéger l’artillerie, fait contact avec le 6e tirailleurs (73e DI) qui défend Mettet. 

Les troupes en première ligne s’établissent solidement.

L’artillerie divisionnaire (37e AD) partie à 3H00 de Saint-Gérard vient se positionner sur la crête à 500 m au sud-ouest de Somtet avec mission de soutenir la 74e division.

Les 25e, 136e, 2e et 47e régiments de la 20e division, cantonnent en arrière vers Corroy. Ils pourront intervenir et soutenir la ligne de défense, là où les Allemands décideront de pointer leurs attaques. Les régiments profitent de ces quelques heures de calme pour se rétablir.

Néanmoins découvert par un avion, puis bombardés, ils doivent reculer vers la ferme de Bois-le-Couvert. Le 47e reculera même jusqu’au nord de Florennes.

Carnet de guerre de Louis Esneux du 47e RI 

« 23 août, Devant-les-Bois.  Réveil à 2H00 du matin nous repartons précipitamment, car l’ennemi est tout proche et l’on craint une surprise. Nous marchons dans la direction d’Oret. Nous arrivons à 9H00 dans une plaine à côté d’un petit village [Corroy ]. N’ayant rien dans le ventre, depuis la veille, on nous autorise à tuer la volaille, d’autant plus que le village est désert. Nous enlevons les lapins, poules et cochons que nous faisons cuire comme nous le pouvons.
A peine le temps de dévorer un malheureux morceau de poulet qu’une grêle d’obus tombe à côté de nous. Un aéroplane allemands était venu nous survoler en plein cantonnement et avait donné l’éveil. C’est alors la retraite plus précipitée et désordonnée que la veille. Nous arrivons [par Pavillon] dans une ville assez importante : Florennes. Les gens sont en train d’évacuer.
Là nous sommes à plusieurs kilomètres de l’ennemi d’autant que note artillerie les maintient en avant.
Le soir nous revenons en arrière [retour vers Corroy]. Nous campons la nuit dans un bois

 

 

Du côté allemand :

Le Xe   corps allemand dont la XXe DI hanovrienne fait la jonction avec la 2e division du corps de la Garde à l’est de Mettet.
La XXe  DI avance en 2 colonnes : la 39e brigade (79e et 164e RI) se dirige vers Biesme tandis que la 40e brigade (77e et 92e RI) arrive à Mettet et Devant-les-Bois.
Après un pilonnage d’artillerie, les 2 brigades avancent baïonnettes aux canons face aux Français. 

Marche du I.R Nr.79   http://www.youtube.com/watch?v=fC9R_AAqxmk
Marche du I.R. Nr.164  http://www.youtube.com/watch?v=ngLG0kp5FGk

Les unités du Xe Corps d’armée (Cliquez)

Photo prise en août 1914 lors de l'offensive en Belgique.

Au centre von Emmich général commandant du Xe corps d'armée,

à sa droite, le Duc de Brunswick Ernst August portant une élégante veste "attila" de hussard.

Le Colonel Günther Herzbruch, commandant du 164e régiment d'infanterie

Allemands à Fosses-la-Ville

Cliq​uez pour faire dérouler le diaporama des troupes allemandes du Xe corps

Historique du 164e régiment d’infanterie hanovrien (39e  brigade, 20e division) :

« A partir du 11 août le régiment est attaché à la deuxième armée du général von Bullow. Dans une chaleur suffocante nous nous dirigeons sur Spa entre la position fortifiée conquise de Liège et celle de Namur toujours intacte.
Le 22 après 300 km de marche sous le soleil accablant le régiment reçoit son baptême du feu : nous passons la Sambre à Tergnée* et prenons d’assaut les abords de Tamines, à l’ouest de Namur.  Ce premier jour le régiment déplore la perte de 12 officiers et 322 hommes tué blessé et disparut.
Les deux jours suivants nous poursuivons l’ennemi en retraite en passant par Gougnies puis Oret par les hameaux de Gaÿ - Prée. Les pertes de ces 2 journées : officiers : 1 tués et 8 blessés, soldats : 60 tués, 310 blessés et 310 disparus ».  

* : Au nord de Roselies.
http://www.hamelner-geschichte.de/index.php?id=12

Récit de l’abbé Donis de Mettet :

« Dimanche, de bonne heure repassent les derniers fantassins français. Ils étaient à peine partis que la canonnade commença et elle dura jusque cinq heures du soir. 
« Au début,  les Allemands arrivaient du côté de Gougnies, Roux, Fosses »
Les Français étaient au sud de Mettet et à Oret. Les Allemands étaient à Devant-les-bois et au-delà de Biesme  »
« Les Allemands étaient à Scry le dimanche vers 5H00 du matin ».
« Ce matin-là,  il y avait du brouillard. A 9H00, les Allemands commencent à bombarder le terrain ».
« A 10H00, les tirs de l’artillerie allemande se précisent. Celle-ci bombarde la ligne de défense. La violence du bombardement est extrême ».

Suivant ces témoignages, on découvre que les Allemands arrivent vers 5H00 du matin au nord de la ligne de défense française.
Vers 8H30-9H00 l’artillerie allemande commence à ouvrir le feu. Vers 10H00 les tirs s’intensifient et arrosent toute la ligne de front de Wagnée à Mettet : un bombardement de 77 et de 105mm en préparation à l’offensive.

 

 

 

 

Arrivée des Allemands:


Les Allemands comptent bien avoir l’aide de l’aviation pour repérer les positions françaises avant qu’ils ne s’engagent dans la bataille.

Ainsi de grand matin, venant de Gougnies, des éclaireurs allemands se dirigent vers la localité de Biesme à bord d’une voiture découverte pour accomplir une étrange mission. 
Quelques minutes auparavant, Jules Carly venant du village, arrive au château Toussaint transformé la veille en hôpital afin d’y apporter son aide. A sa grande surprise, tous les soldats blessés ont été évacués. Il n’y rencontre que trois blessés légers français. Alors qu’il est pleine discussion avec eux la voiture chargée d’Allemands surgit promptement. Après avoir fait prisonniers les trois Français, nos éclaireurs se dirigent directement vers une habitation toute proche du château où demeure un personnage quelques peu étrange d’origine luxembourgeoise. S’agit-il d’un espion à leur solde ? Jules Carly est obligé par les soldats de déplier dans un champ jouxtant cette habitation des rouleaux d’étoffes afin de former une grande croix blanche. Une fois la mission accomplie Jules Carly est libéré et les soldats filent en direction de Châtelet.
Pas de doute, ce stratagème est destiné à guider l’aviation allemande afin de reconnaître les forces que les allemands ont devant eux. Malheureusement pour les Allemands, les Français observent de leur position, cet étrange manège et à peine l’automobile est-elle partie que des cavaliers français viennent enlever cette balise. 

Position de l’artillerie allemande :

Le témoignage du curé de Biesme nous informe sur les mouvements et les positions de l’artillerie allemande à Biesme et aux alentours : 

« Vers 9H00 du matin,  le dimanche 23 août, les Allemands étaient en position sur les hauteurs du Planois dans un bois au lieu-dit « à la Culée ». Une artillerie nombreuse arriva en même temps des hauteurs d’Insebois, (un hameau de Biesme), du Planois, de Noéchamps et prit position dans la vallée en dessous du château Toussaint (entre Gougnies et le château). 
Le combat a commencé vers 9 ou 10 heures. Vers 16h00 les Allemands descendirent des hauteurs du Planois à la gare et avancèrent vers le sud en encerclant le centre. Des patrouilles entrèrent plus tôt dans le centre, mais la masse y prit position vers 21H00 »

Des batteries allemandes étaient également installées au sud-est du croisement entre la rue St Roch et la rue de Nefzée.
 

Plan avec les positions de la 39e brigade allemandes

 

Vue très déployée devant les campagnes près du château Toussaint (Biesme). De cet endroit, l'artillerie allemande avait une vue imprenable sur tout le champ de bataille.

 

Page 2 : L'attaque sur Wagnée (suite)

Sujet: